du 27 octobre au 1er Novembre 2007.
Départ à 4 heures du matin, via Barcelone où nous attend un bateau rapide.
Problème : la mer est mauvaise et le bateau ne partira pas.
En conséquence, après-midi libre à Barcelone en attendant de prendre un ferry à 23 heures avec couchettes.
Arrivée à 7 heures à Palma, petit déjeuner et les visites commencent dont voici le programme détaillé.
Samedi 27 /10/2007
Arrivée à Barcelone à 13H30 pour le déjeuner tout à côté de la « Sagrada familia », église mythique encore inachevée de l’architecte du courant moderniste « GAUDI »,
démarrée en 1882.et poursuivie jusqu’en 1926,date de la mort du grand maître ! Elle devrait être terminée en…..2055 et GAUDI, avec les techniques de son temps pensait qu’il faudrait deux
siècles !
Et là, surprise : Christian nous fait savoir que pour cause de mer agitée, le « fast-boat » ne pourra partir à 16H comme prévu et que nous prendrons le
« big-boat », ou ferry nommé « Soralla » à 23H…..pour arriver à 6H du matin, heure nouvelle à Palma ! Il nous promet néanmoins des couchettes confortables et nous suggère
de profiter de Barcelone le plus possible jusqu’à 20H, heure à laquelle nous prendrons le dîner dans le même établissement avant d’embarquer !
L’aventure commence alors, certains décidant de se donner 2h pour visiter la « Sagrada Familia », les autres, partant à la découverte du Barcelone moderniste ( le quartier de
« l’Eixemple » ou encore « l’ensanche », le « passeig de Gracia », la place de la catalogne pour terminer sur les « ramblas » et le musée maritime
avec le « passeig de Colom» ! Comme convenu, nous dînons à 20H et entrons dans la salle d’embarquement du port à 22H précises. Là, Christian nous avoue qu’il a été difficile
d’acheter des cabines pour tous et qu’il a fallu livrer un âpre combat qui a duré 1H30 entre la compagnie maritime, Daniela, de l’agence de Majorque et lui-même…..mais finalement, chacun aura
bien sa couchette !
A 23H, le bateau lève l’ancre et chacun s’installe dans sa cabine, muni d’une carte magnétique en guise de clé pour ouvrir la porte. Monique, claustrophobe, décide de dormir porte ouverte toute
la nuit…..d’autres vont danser, d’autres se baladent à bord pour visiter ce géant !……Finalement, à minuit et demi, chacun a rejoint sa cabine et commence alors une nuit d’enfer pour les
insomniaques, les claustrophobes, les tourmentés, les malades de l’oreille interne……
A 6H30, une annonce au micro prévient tous les passagers que Majorque est en vue et qu’il faut songer à rassembler ses effets pour pouvoir descendre du bateau à 7H, nouvelle heure comme il avait
été convenu. Du bateau, nous rejoignons le car devant la gare maritime sous un beau soleil et une mer scintillante à souhaits ! Daniela se présente à nous et demande si la nuit sur le bateau
a été bonne !
Dimanche, 28/10/2007
En route pour « Can Pastilla », direction aéroport , à l’hotel « Java » où un bon petit-déjeuner nous attend ! Daniela nous présente alors Patricia qui nous accompagnera
dans toutes nos visites sur l’île pendant les 4 jours.
Elle suggère que nous partions aussitôt à la découverte de la ville de Palma en faisant un tour panoramique de la ville.
La cathédrale, le palais de l’Almudaina et l’hotel de ville.
« Sa Seu »,( la cathédrale) le siège en catalan, a été construite au début du XIVéme siècle sur les fondations de l’ancienne mosquée ; la ville a été occupée par les arabes
jusqu’en 1229 et avait appelé la ville « Medina Mayurqua » ou ville de Majorque ! Elle a été terminée en 1601 puis très remaniée ensuite. Remarquable portail sud ou portail du
mirador. A l’intérieur, 14 piliers hexagonaux de 21 m de haut et 5 rosaces donnent une impression de carté et de légèreté ; la chapelle royale a été entièrement re-décorée par Antonio GAUDI
de 1904 à 1914 ( grand baldaquin en fer forgé, imposant lustre….) tandis que la chapelle « San Pedro » a été décorée par Miquel Barcelò, natif de Majorque, deux projets tous deux très
contre-versés…..
Le palais de l’Almudaina, contigu à la cathédrale, fût d’abord la résidence des Maures, puis celle des rois de Majorque et enfin le palais de Jaume II ; aujourd’hui, c’est encore dans ce
palais que le roi Juan Carlos reçoit les chefs d’état qui viennent à Majorque !
« Plaça Cort », se dresse « l’ajuntament », ou hôtel de ville qui abrite le conseil de Majorque. Sur la place a été transplanté un olivier séculaire ( on pense qu’il peut
avoir 800 ans ). Le groupe se glisse à travers la porte ouverte pour admirer les « ninots » ou géants stockés là mais qui ne manquent pas une occasion de sortir lors de chaque fête
religieuse ou laïque ! Coup d’oeil aussi à travers les grilles des patios des « palaus Oleza », « Vivot », du « marquis de Palmer…… »
Patricia nous initie au langage des portes : ouverte, entr’ouverte, décorée d’un ruban noir, rose ou bleu ou encore blanc, toujours fermée la nuit……..
Le car nous fait longer ensuite la baie de Palma ( passeig maritimo ) le long du port de plaisance et des grands hôtels ( Melia, Majorquin…) et autres lieux branchés ( Tito’s ) pour nous emmener
au château de « Bellver », perché tout en haut d’une colline dominant la baie. C’est un édifice circulaire datant du XIVéme siècle, construit par Jaume II. Napoléon y fût enfermé car le
château servit un temps de prison. Nous passons devant la résidence d’été du roi Carlos II, roi d’Espagne et du garage pour son yacht, la famille royale passant régulièrement le mois d’août à
Palma de Majorque !
Retour à l’hôtel « Java » à 13H30 pour le déjeuner et quartier libre l’après-midi, certains allant à la piscine, d’autres sur la plage, d’autres encore retournant à Palma avec le bus
régulier.
Lundi, 29/10/2007
En route à 9H pour le sud de l’île et la côte est dite côte des calanques.
« Lluchmajor, Campos et Santanyl ». Zone très agricole, couverte d’amandiers, de figuiers et de caroubiers. Le caroubier est un arbre précieux, déjà connu sous la domination
arabe ; sa graine pèse toujours strictement 0,20 gr ce qui explique que ce fut de tout temps une unité de mesure pour l’or, le diamant et les pierres précieuses. ( carat vient de «
garab », la graine du caroubier en majorquin).
Nous découvrons notre premier champ d’éoliennes à Campos, utiles jadis pour pomper l’eau, aujourd’hui, elles servent aussi à produire de l’électricité ; Elles furent construites de
1847 à 1950, d’abord sur une base maçonnée ronde puis carrée…Le gouvernement encourage leur restauration avec des subventions, car c’est un élément marquant dans le paysage majorquin.
Santanyl possède de belles carrières de pierre (grès rose ) qui a été utilisée notamment pour la construction de la cathédrale et des principaux monuments de Palma.
Après Santanyl, la côte est et ses calanques ( cala d’Or , cala Figuera, cala Radjada…..) Le mot « cala » veut dire baie, calanque, « calò » veut dire petit baie. On
dénombre 34 calanques depuis la pointe des salines à l’extrémité sud de l’île jusqu’à la pointe de cap Ferruxt, extrémité de la côte est. Nous avons choisi de visiter « cala Figuera »
qui abrite quelques yachts mais surtout encore des petits bateaux de pêche, garés dans des abris situés sous les maisons des pêcheurs, communiquant directement avec la mer et que ceux qui ont
parcouru la calanque à pied se sont amusés à franchir sans se mouiller les pieds en combinant avec le flux et le reflux marins !
La caractéristique de cette côte est que chaque village ( Santanyl, Felanitx, Manacor, Artà……) est construit sur la sierra del Levante, à une distance de 5 à 10 kms de son port de manière à
pouvoir se replier en cas d’attaque de pirates, nombreux jusqu’au XIXéme siécle ! Ainsi, le port de Felanitx est Portocolom ( c’est là que nous avons pique-niqué ), le port de Manacor est
Portocristo…..
Visite des grottes de Drach, « cuevas del Drach », immense cavité de 1 200km de long, 29m de profondeur et possédant le plus grand lac souterrain d’Europe, admirablement mise en lumière
par l’Ingénieur Buigas. Un petit concert de musique sur un air de Chopin et le » sun- rise » sur les parois de la grotte terminent agréablement la visite.
Visite de la fabrique de perles « Orquidea » à Montuiri, tout près de Manacor ( veut dire « main sur le cœur » ) . Née à la fin du XIXéme siècle, cette industrie
implantée par un Allemand est aujourd’hui connue dans le monde entier. Les perles sont en verre et enrobées de bains de nacre ( 12, 16 ou 32 ) dont dépend l’éclat et la qualité des perles.
Retour à l’hôtel à 18H et temps libre.
Mardi 30/10/2007
Départ à 9H de l’hôtel, comme tous les jours. Nous prenons aujourd’hui la direction du nord : monastère de Lluc, sierra de Tramuntana……la route de tous les dangers !
La zone de l’aéroport est aussi très riche en éoliennes et en cultures diverses. C’était « la huerta », le jardin, doté d’une terre très fertile !
Le monastère de Lluc : « lluc » vient du latin locus, le bois sacré. C’est le centre spirituel de l’île depuis 1229, date à laquelle un berger trouva une statuette miraculeuse de
la vierge de 61cm de hauteur. Dès 1268, on y édifia une chapelle pour y abriter la vierge. Pour tout savoir sur le monastère, il suffit de consulter le site
www.lluc.net. La statue est logée dans une chapelle latérale et pivote sur elle-même à 180° pour se trouver face au chœur de l’église pendant les offices religieux
et les concerts donnés par le chœur d’enfants « les blavets » qui veut dire « les bleus » et dont l’existence remonte au XVIémé siècle. On a pu admirer outre l’église,
l’admirable bâtiment de l’hostellerie du XVIème siècle où l’on peut voir encore les mangeoires et abreuvoirs pour les chevaux datant de cette époque devant chaque cellule !
Après Lluch, c’est pour certains « la descente aux enfers ». Nous empruntons en effet, la route la plus spectaculaire de l’île….. qui relie « Escorcar » à « Sa
Calobra » :14kms de route toute en lacets, 900m de dénivelé, des virages célèbres comme le « nuu de sa cravata » ( nœud de cravate ), « les Maries » ( les
Maries ), ayant obligé Christian à s’y reprendre à deux fois !
Virages immortalisés dans la chanson que nous avons composée pour Christian, notre valeureux et intrépide chauffeur dont voici les extraits :
« Véronique au d’sus du vide
Avait de grands frissons,
Maguy à ses côtés
Ne pouvait supporter d’être aussi malmenée
Quand nous fûmes arrivés au fond de la vallée
Quel soulagement pour tous,
Le repas, la calanque et la vie assurée ! »……sur l’air de « j’ai quitté mon cher pays ».
«Sa Calobra » et ses eaux vertes et bleues dans lesquelles débouche le torrent « de Pareis »
site d’une grande beauté, offrant un saisissant contraste entre l’agitation de la mer et la sérénité et la grandeur du site du débouché du torrent !…… Sans doute, « le must » de
l’île de Majorque !
Après le déjeuner dans la calanque, retour par le même chemin pour « Soller », l’état de la mer ne nous ayant pas permis de prendre le bateau. Soller est connu pour la culture des
orangers et citronniers au fond de son site entouré de montagnes depuis la conquête arabe. Un petit train touristique aux wagons de bois permet de parcourir « le vallon des
orangers », si bien décrit par George SAND dans son roman « un hiver à Majorque ».
Retour à l’hôtel plus vite que prévu ( 16H30 ) par le tunnel à péage qui permet d’éviter le col et fait gagner 3 kms de route en lacets, pour cause de mauvais temps.
Mercredi 31/10/2007
Départ à 9H de l’hôtel pour « Valldemosa », le domaine de « la Granja », la route des crêtes, plus belle route de l’île.
Valldemosa est niché au creux d’un vallon situé à 1/4h de route de Palma……Au XIXème siècle, George SAND nous dit qu’elle mettait 3H pour l’atteindre, soit 12 fois plus de temps
qu’aujourd’hui !
« La Cartuja » ou « chartreuse de Valldemosa » fut construite par l’ordre des chartreux de l’ordre de ST Bruno et occupée par eux jusqu’en 1835, date à laquelle les ordres
religieux furent dissous sur ordonnance royale et où les bâtiments furent vendus. On peut consulter le site
www.valldemossa.com pour plus de
renseignements sur son histoire. Nous visitons l’église, le musée, une intéressante pharmacie du XVIIéme, la bibliothèque de la Chartreuse, les cellules du Prieur, les cellules N°2 et N°4 (
cellule où vécurent Chopin et George SAND pendant 3 mois ) et le palais du roi « Sancho » dans lequel nous pouvons assister à un concert de piano sur des airs de Chopin !
Balade à pied et temps libre dans le dédale des ruelles de Valldemosa où il faut admirer les « azuleros » placés sur les façades des maisons, retraçant la vie « Catalina
Thomas », née à Valldemosa et vénérée dans toute l’île de Majorque.
Route ensuite pour « La Granja » où nous prenons notre pique-nique, agrémenté de dégustation de produits locaux ( tous les vins et spécialités de l’île, sobrasada, queso, mermeladas,
buñuelos, aussi appelés ici « pets de nonnes », pan de higos….).
Le domaine de « la granja » a été crée par les moines cisterciens au Moyen-Age, sur un lieu où déjà les arabes avaient su canaliser le torrent et utiliser la force de l’eau. Pour tout
savoir sur le domaine, consultez le site internet :
www.lagranja.net.
Visite du musée artisanal, des jardins et retour sur Palma par la route des crêtes.
« Banyalbufar », « Estellencs » et leurs cultures en terrasses jalonnées de réserves d’eau et enfin le joli port et station balnéaire « d’Andratx », où coucher de
soleil et retour de pêche nous attendent !
Retour à l’hôtel à 18H30 !
Jeudi 1er novembre 2007
Départ à 9H30 de l’hôtel « Java » et temps libre sur le bord du port de plaisance jusqu’à midi, heure de l’embarquement . A 13H, le « Soralla » lève l’ancre pour 7H de
traversée que certains d’entre-nous trouverons pénible du fait d’une légère houle….qui les rend « bastante » malades !…… « mercalm » est alors le remède miracle pour
certains d’entre-nous !
Arrivée à 20H dans le port de Barcelone et dîner dans le port de plaisance à la cafétaria « Moncho’s » où une excellente paëlla nous est servie……
Puis, chanson dédiée à Christian, notre chauffeur, blagounettes d’Yvonne et des enfants et « dodo » pour tous jusqu’au PUY-EN-VELAY.
Ile de Majorque : « carte d’identité »
L’île appartient à l’archipel des îles des Baléares. C’est la plus grande de toutes
avec 55kms de large et 100 à 120 kms de long.
On y parle « le baléare », dérivé du catalan avec certaines particularités : se, sa proviennent du latin
« ipse »….ex : « sa calobra » veut dire « la couleuvre ».
L’emblème de l’île est la salamandre, « dragonera », petit lézard noir, protégé sur l’île de « la
dragonera ».
Le point culminant de l’île est le « Puig Mayor » , 1445 m, situé dans le nord-ouest de l’île dans la « serra de
Tramuntana ».
L’île compte aussi 86 torrents qui descendent des sierras vers la mer et alimentent de grands barrages, ce qui fait que
l’île a très peu recours au dessalement de l’eau de mer pour couvrir ses besoins, bien que des usines se soient récemment implantées. En outre, 700 sources d’eau minérale pure ont été dénombrées
rien que dans la « sierra de Tramuntana » ; leur grand nombre s’explique par le relief calcaire et karstique, favorable à la percolation des eaux de pluie. A l’hôtel, nous était
servie à table, la « font sorda », une des plus connues !
A « Can Pastilla » se trouve l’aéroport, le 3ème en importance d’Espagne après celui de Madrid
et celui de Barcelone ; transitent par lui environ 22 millions de passagers par an!.
L’île compte 800 000 habitants dont 400 000 sont concentrés dans la capitale, Palma.
100 000 immigrés ( 12 à 13% de la population ) procurent une main d’œuvre abondante et bon marché dans le bâtiment,
l’agriculture, la restauration et l’hôtellerie.
Majorque compte 76 kms d’autoroutes, un bon réseau routier, 723 000 véhicules ( presque une voiture par habitant )…et 50 000
voitures de location pour le tourisme.
L’île compte aussi entre 8 et dix millions d’amandiers ( un amandier peut produire pendant 40 ans, un olivier 500 ans !
) ; elle est riche de 1230 variétés de plantes, de 700 variétés d’oiseaux.
On dénombre encore 8 moulins à huile d’olive, environ 2000 éoliennes et 600 moulins à vent en plus ou moins bon
état.
Le linéaire de murets ( « marges » en catalan ) et de terrasses peut atteindre des centaines de kilomètres et témoigne
d’une forte anthropie dès le haut Moyen-Age.
Il y a aussi sur l’île de la vigne, replantée après la crise du phylloxera de 1891 avec différents cépages dont le
« malvoisie », variété ancienne que l’on trouve aussi en Espagne dans la région de « Cadix », dans les îles canaries et en France, dans les Cévennes. Une cinquantaine de
« bodegas » ou caves produisent vins d’appellation et liqueurs diverses, dont la liqueur aux herbes de Majorque et la liqueur d’amande….et aussi « le cava », vin mousseux de
qualité, méthode champenoise..
Majorque compte aussi des industries agroalimentaires pour transformer les produits locaux. Ainsi, 44 laiteries conditionnent et
transforment le lait de 9600 vaches laitières ( la Haute-Loire en compte plus de 200 000 ! )
91 000 porcs servent à l’approvisionnement en viande et en charcuterie de l’île et alimentent 71 entreprises de transformation,
mais le jambon lui ( le « jamon serano » ) est importé du continent espagnol où les conditions de séchage sont meilleures.
Au total, les entreprises agroalimentaires produisent 20% du PIB de l’île et emploient presque 5000 personnes, soit 18% des
actifs.
L’île est dotée de 313 supermarchés dont une trentaine d’hypermarchés.
Le nombre d’hôtels n’est pas connu car il évolue trop vite !
L’héliotropisme et la croissance mal maîtrisée ne vont-ils pas finir par tuer « la poule aux œufs d’or » qu’est
le tourisme de masse !